L'antispécisme

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AristA
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L'antispécisme

Messagepar AristA » 03 Mai 2016, 20:40

égalité de considération des intérêts
= équité

Cf. l'image que j'ai posté.
Je suis certain que si sur l'article "égale considération des intérêts" je ne trouve pas le mot équité, et inversement, c'est que ce sont deux notions à ne pas confondre.

L'équité consiste à favoriser le plus faible. L'égale considération des intérêts consiste à prendre en compte les intérêts de tout le monde sans favoriser qui que ce soit. L'équité n'est pas l'égale considération des intérêts.

Le fait que la supériorité humaine soit artificielle est importante parce que considérer les intérêts des animaux, ce n'est pas favoriser le plus faible. Les animaux ne sont pas faibles. Ils sont contenus, réprimés, dominés, mais ils ne sont pas faibles pour autant. Les esclaves étaient dominés, mais les esclaves n'étaient pas faibles.

Cette supériorité artificielle rejoint quelque chose que j'ai déjà exprimée précédemment : la culpabilité antispéciste naît de la technique. On ne pourrait pas se considérer antispéciste s'il n'y avait pas cette dominance artificiellement conçue. L'antispécisme est moderne. Je l'ai déjà dis 2 fois donc je ne me relance pas dedans.
Je n'ai jamais parlé d'intérêt au sens "appât du gain" mais au sens général ("tout ce qui est favorable à X"), et "émotion partagée" n'est pas vraiment le sens de "compassion" (une définiton bien plus exacte serait "expression d'une empathie").
Tu as parlé d'intérêt au sens d'intérêt. L'intérêt est la différence entre le positif et le négatif. Un bon intérêt est un intérêt positif. Un intérêt positif est un gain. Donc lorsqu'on agit par intérêt on agit en cherchant le gain.

L'empathie, c'est se mettre à la place de l'autre. Donc tu arrives à appréhender les émotions de l'autre. Il n'y a pas de calcul, donc pas de recherche d'intérêt a priori. Cela ne me semble pas intuitivement être relié l'un à l'autre, ça reste quand même saugrenu.

Mais puisqu'en effet tu n'utilises pas le terme compassion, passons...
Vraiment, je le redis, tu pars dans des considérations qui ne remettent rien en cause, du moins pas l'antispécisme. Du coup je n'ai pas grand chose à te répondre car je ne suis pas spécialement en désaccord avec ce que tu dis, simplement je ne vois pas en quoi ça contredit mon opinion.
Tu te trompes, j'ai souligné l'aspect pervers de l'antispécisme à de maintes reprises :
C'était la première chose que je voulais mettre en évidence : l'antispécisme a dans ses fondements mêmes cet aspect enrôleur, qui va chercher à recruter un maximum de gens pour élargir son champ d'action et son efficacité. C'est une idéologie qui se veut la plus universaliste possible, pour avoir un impact maximum. Ce mouvement cherche la quantité, qui veut se répandre parmi les masses.
Fondamentalement, il y a une rupture entre nos précédentes valeurs modernes et celles souhaitées par l'antispécisme.
C'est parce que l'homme et l'animal n'ont jamais été aussi éloignés, distants, scindés, que la culpabilité antispéciste apparaît.

C'est donc ici le deuxième point que je voulais démontrer : c'est parce que l'humain s'isole de l'animal que naît le discours antispéciste. Au lieu d'être dans la continuité de l'évolution de nos valeurs morales (comme il s'affirme), c'est tout à fait le contraire : l'antispécisme est réactionnaire, il s'oppose complètement à la direction prise par nos valeurs.
Je résume une énième fois : la technique moderne entraîne une médiation entre l'homme et l'animal : il n'y a plus de nécessaire combat, de conflit pour la survie. L'homme ne craint plus l'animal, et acquiert en lui une représentation idéalisée de ce dernier. Et c'est parce qu'il a cette représentation idéalisée [=faussée] (qui fait abstraction d'une bonne partie de ce qu'est un être vivant au sens général) qu'il peut devenir antispéciste.
J'essaie de souligner l'aspect paradoxal de l'antispécisme, qui est :

- nous ne vivons plus avec les animaux et ne savons plus vraiment ce qu'ils sont !
- ils devraient sûrement avoir les mêmes droits que nous !
Néanmoins tu te mords la queue. Je m'explique : où est ce que tu fais la distinctions entre ton exemple du "droit de vote" et "le droit de ne pas vivre dans des conditions épouvantables et de ne pas finir abattue à peine entrée à l'âge adulte" ? Quoi que tu répondes à cette question, ça veut dire que tu fais une distinction entre les droits des animaux et les droits des humains, en accordant à ces derniers certains droits que les premiers, donc tu es spéciste.

En revanche, si tu dis qu'il n'y a pas de distinction entre hommes et animaux, alors tu es bien antispéciste. Mais tu accordes aussi aux animaux le droit à l'éducation, le droit à la propriété, le droit au mariage et tutti quanti. Donc tu es un mec chelou.

Tu comprends mieux mon appréhension envers ce terme d'antispécisme ? Il est plein de contradictions intrinsèques. Il est certainement bien plus logique et concret de se dire contre la souffrance animale que antispéciste.
Je résume : l'antispécisme est hypocrite, contradictoire, forme un cercle herméneutique (les hypothèses déterminent le résultat), réactionnaire, endoctrinant. Tu seras sûrement capable de dire que cela ne constitue pas une remise en cause.
je ne vois pas en quoi ça contredit mon opinion.
Cf ce post :
Ce n'est pas pour autant une condamnation de l'antispécisme ! Il s'agit d'une critique de l'idée que l'antispécisme est la prochaine étape logique du processus : non, il faut repenser tout depuis les bases. Ce n'est pas impossible, pas idiot, mais pas aussi simple.
Critiquer ≠ contredire. Un débat, ce n'est pas répondre "non A" lorsqu'on te dit "A".
Tu complexifies des choses qui sont pourtant assez simples. Estimer que les animaux ont autant le droit que nous de ne pas souffrir (cf. sentience), il n'y a rien de compliqué à ça. Et estimer, du coup, que leur droit à ne pas souffrir passe avant mon droit au plaisir gustatif, c'est également très simple.
Ceci n'est pas la définition de l'antispécisme. Dire que tu es contre la souffrance animale, ce n'est pas considérer l'intérêt animal à l'égal du tiens.

On reprend la définition d'intérêt. L'intérêt, c'est la différence des plus et des moins. Dans la souffrance il n'y a que des moins, donc ce n'est pas dans mon intérêt. Ne pas souffrir, il n'y a aucun plus (l'absence de souffrance n'est pas un plus, puisqu'elle ne change pas mon état), donc ce n'est pas dans mon intérêt non plus.

Interrompre une souffrance, par contre, est un intérêt positif. Donc si tu es dans l'intérêt des animaux tu dois interrompre leur souffrance (cf. l'antispécisme est un activisme), ce qui ne consiste pas simplement à arrêter de manger de la viande.

Je répète : dire que tu es contre la souffrance animale, ce n'est pas considérer l'intérêt animal à l'égal des tiens. Ceci n'est pas la définition de l'antispécisme. L'antispécisme est le combat contre le spécisme. Le spécisme est la distinction et la hiérarchisation des espèces. Si tu combats la hiérarchie, tu promeus l'égalité. Le contraire de la hiérarchie n'est pas l'équité.

Conclusion :
Pour le reste, je ne vois pas trop quoi répondre, sachant que tu sembles m'accorder une opinion que je n'ai pas.
Je pense que c'est plutôt toi qui ne sais pas ce que tu défends.

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Messagepar AristA » 31 Mai 2016, 18:03



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